Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne

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Gérer les milieux naturels

« Gérer » ! Que cache ce terme ? Nous pourrions utiliser comme synonyme la notion d’entretenir ou d’intervenir sur un espace naturel. En effet, les espaces naturels remarquables auvergnats sont généralement des zones extrêmes (coteaux très secs, forêts pentues, marais engorgé d’eau…) abandonnées par les activités agricoles qui les ont façonnées. La gestion de ces sites naturels devient alors nécessaire pour maintenir un maximum de biodiversité. Les actions à conduire sont définies dans un plan de gestion et élaboré en fonction des activités humaines sur le site ou en périphérie. La gestion définie reste un compromis entre impératifs naturels, moyens matériels, souhaits des partenaires et activités économiques.Les Conservatoires privilégient des interventions minimales sur les espaces naturels pour des raisons déontologiques, de coûts financiers et d’une multiplicité de sites d’intervention.

Particulièrement expérimentaux, on parle pour ces travaux particuliers et qui ne correspondent pas nécessairement à l’entretien d’espaces verts, de génie écologique. L’ensemble des travaux sont généralement regroupés en 4 grandes catégories :

- 1. La non-intervention : est un mode de gestion ! Des choix de non intervention sont réalisés sur de nombreux sites (ex forêt de la Vallée du Fossat, de la Forêt du moulin) ou sur une partie de site (ex : zone de non intervention sur la forêt alluviale de Chadieu). Ils nécessitent parfois la pose de panneaux informatifs ou de barrières interdisant le passage.

Il s’agit généralement d’espaces forestiers où aucune gestion forestière n’est pratiquée ou de berges érodables de fleuves ou de grandes rivières. Une étude récente sur les espaces alluviaux gérés par les Conservatoires a estimé que 15 hectares sur le Val d’Allier ont été érodés depuis l’acquisition des parcelles. Près de 330 hectares d’espaces alluviaux n’ont jamais fait l’objet de gestion. Des tourbières, des sources salées sont elles aussi concernées. Un choix stratégique a été fait de garder volontairement sans intervention humaine « des sites témoins comparatifs ».

- 2. Réhabilitation de sites dégradés : il importe alors de restaurer le fonctionnement écologique du site abîmé (remise en eau d’un marais asséché, débroussaillement d’un ancien coteau, coupe de résineux sur une tourbière, curage d’une mare, suppression de décharges, pose de grilles sur un souterrain...). Il s’agit généralement d’une intervention importante au départ puis la gestion sera par la suite très limitée (entretien) voire inexistante.

- 3. Entretien durable des sites (on parle aussi de gestion courante) : il s’agit de rétablir, dans le temps et de manière adaptée, l’action de l’homme qui a quitté les lieux (mise en place de pâturage sur des secteurs à orchidées ou de fauche régulière sur des prairies alluviales...). Pour réaliser cet entretien nécessaire, les Conservatoires recherchent des accords avec les agriculteurs suivant des cahiers des charges spécifiques. Plus de 50 agriculteurs travaillent sur une cinquantaine de sites représentant près de 450 hectares sur les sites des Conservatoires. Le pâturage constitue la principale activité agricole sur ces sites avec plus de 2 700 animaux domestiques.

- 4. Valorisation : Elle concerne les aménagements d’informations et d’accueil du public.

Comment ces interventions sont réalisées ?

Ces actions sont généralement réalisées en interne par les équipes des Conservatoires composées d’agents techniques et de techniciens. Certaines interventions peuvent être assurées par des prestataires, des partenaires ou des bénévoles (chantiers bénévoles). Les travaux pratiqués par les Conservatoires intègrent les cycles biologiques des espèces (aucune intervention en hiver sur les souterrains occupés par les chiroptères, aucun débroussaillage au printemps et en début d’été en période de nidification des oiseaux…) et utilisent au maximum des matériaux écologiques (paillage, pierre en lave pour les panneaux, bois non traité pour les aménagements…).