Agriculture et nature

Agriculture et nature : 30 ans de préservation de la nature avec le monde agricole

Nous gérons des sites qui peuvent être agricoles et entretenons nombres de nos espaces naturels avec les acteurs agricoles. Nous sommes convaincus que nous ne pouvons pas enrayer la chute de la biodiversité sans coordination avec les acteurs de l’espace rural et en particulier avec les agriculteurs. 

Fort de 30 années de relations avec le monde agricole, le CEN Auvergne a développé une véritable « culture » dans ce domaine. Dans le cadre de programmes globaux, il contribue par son expertise au développement d’une agriculture durable sur les territoires, d’un point de vue environnemental et économique.

Des projets agro-environnementaux dans le cadre de politiques publiques

En tant qu’animateur de plusieurs politiques publiques, nous nous attachons à appuyer notre travail sur une démarche de concertation auprès des acteurs locaux. C’est notamment le cas dans le cadre du dispositif européen Natura 2000 où nous animons 25 sites. Nous proposons de nombreuses actions auprès du monde agricole : 

  • journées techniques sur la gestion durable des milieux agricoles,
  • mise en œuvre de travaux de remises en pâturage sur des prairies délaissées,
  • accompagnement des mesures agro-environnementales (MAEc).

Ces outils sont mis en place de façon partenariale et en lien avec les organismes agricoles comme les Chambres d’agriculture.

 

Nous nous impliquons également dans d’autres projets agri-environnementaux. Depuis 10 ans, nous nous investissons notamment dans le programme « Agriculture Durable de Moyenne Montagne » porté par les FR CIVAM. Il s’agit de former des éleveurs sur le lien entre la flore de leurs prairies et leurs pratiques. Objectif : les rendre autonome dans leur diagnostic. En pratique, nous co-animons des formations sur les plantes indicatrices de l’état des prairies pour sécuriser leurs ressources fourragères, en binôme avec un technicien. Ce travail a abouti à l’édition des guides « Que me disent les plantes dans ma prairie ? », en partenariat avec le Conservatoire botanique national du Massif central.

 

Nos projets visent à couvrir l’ensemble des milieux agricoles gérés par les exploitations, et ce à différents niveaux. Nous menons ainsi tant des projets globaux à l’échelle de grands territoires (gestion de la ressource en eau et des milieux agricoles associés, au niveau d’un bassin versant) que des missions ponctuelles au niveau d’une parcelle agricole (restauration d’un milieu agricole dans le cadre d’une mesure compensatoire).

100 sites accueillant
une activité agricole
1000 hectares concernés
580 hectares enretenus
par pâturage
97 partenaires
agro-écologiques
77 accords formalisés
par un contrat

L’eau, une ressource précieuse à préserver sur les exploitations

Dans une exploitation, l’eau est présente partout : des prairies humides, fossés jusque dans les abreuvoirs et la salle de traite. Tour à tour vécue comme une ressource nécessaire mais limitée, une charge, une sécurité, et un support de vie, il faut la préserver et la gérer.

 

En tête de bassin-versant, la gestion de l’eau constitue également une responsabilité vis à vis des territoires situés à l’aval.

Exemples de réalisation

  • Aménagement de points d’abreuvement sécurisés permettant d’avoir une eau de qualité, de limiter les problèmes liés au parasitisme, de réduire la charge de travail pour les exploitants tout en préservant les milieux
  • Ajustements de la gestion pastorale avec un retard des dates de pâturage pour éviter la destructuration des sols au printemps tout en bénéficiant d’un fourrage de qualité en été grâce au bon report sur pied de nombreuses espèces végétales de zones humides.

Face à ces enjeux, nous sommes impliqués depuis 2005 dans des dispositifs de « Cellules d’Assistance Technique Zones Humides ». Objectif : sensibiliser, informer et accompagner les agriculteurs pour une gestion durable des zones humides de leur exploitation.

 

Les zones humides jouent en effet un rôle primordial pour la gestion de la ressource en eau. Ce rôle s’est renforcé ces dernières années avec l’accentuation des effets du changement climatique. Ainsi, les conseils individualisés apportés sur le terrain permettent d’échanger sur les pratiques de gestion, les difficultés rencontrées ainsi que la recherche de solutions techniques et de financement.

Les prairies à flore diversifiée, la biodiversité au service
de la production agricole

En Auvergne, les pratiques agricoles ont permis depuis des centaines d’années de créer plus d’une centaine de type de prairies semi-naturelles ou à flore diversifiée. Elles ont également un rôle paysager et des rôles écologiques fondamentaux : réservoir de biodiversité, puits de carbone, limitation de l’érosion des sols…. Pourtant aujourd’hui, les atteintes sur ces prairies sont nombreuses. Elles conduisent certains exploitants à semer des graines de plantes dont la génétique ne correspond pas à la typicité locale.

Historiquement, notre implication  sur le projet « Milieux Ouverts Herbacés » (en partenariat avec les Parcs naturels régionaux et les autres CEN) nous a permis d’expérimenter des changements de pratiques et des opérations de gestion innovantes sur des parcelles agricoles en visant l’autonomie fourragère. Ce projet a ainsi permis de tester les premières opérations de semis de prairies avec des semences locales.

 

Depuis 2013, nous confortons nos actions sur les semences prairiales locales en développant les savoir-faire de récolte et de semis de graines au sein des exploitations agricoles. Cela permet de diminuer les charges de l’agriculteur, de renforcer l’autonomie des fermes, de diversifier la production et de préserver un patrimoine naturel exceptionnel.


Les expérimentations ont été menées en testant différentes machines. En 2018, un prototype de brosseuse à graines a été fabriqué spécialement par le lycée agricole de Saint-Chély-d’Apcher. Les tests ont également été menés sur le tri des mélanges, le travail du sol, la germination et les semis. Les résultats positifs sur les plans technique et économique permettent de poursuivre les projets et de convaincre un cercle d’agriculteurs toujours plus grand.

Les prairies sèches, la pâture quatre étoiles !

En Auvergne, il existe de nombreux territoires où se nichent des coteaux secs. Même si l’herbe paraît rase, elle représente une ressource alimentaire de premier choix pour les animaux ! La végétation est très appétente et nutritive, on retrouve souvent de petits arbres et arbustes dont le feuillage est consommé. La présence de nombreuses plantes médicinales a de plus un réel impact sur la santé des bêtes.

Sans l’activité pastorale, ces milieux s’enfrichent rapidement et certaines espèces rares disparaissent. C’est ce que l’on observe de plus en plus aujourd’hui, en lien avec la diminution du nombre d’exploitations et la déprise des zones les plus difficiles à exploiter. Cette menace justifie ainsi notre intervention. En tant que gestionnaire de plus de 280 hectares de prairies sèches à vocation agricole, nous permettons aux activités d’élevage de réinvestir ces milieux.

 

Pour reconquérir des prairies sèches abandonnées, nous engageons sur plusieurs secteurs des travaux de restauration (débroussaillage et mise en place d’aménagements agro-pastoraux). Nous les mettons alors à disposition des agriculteurs locaux. Ces nouvelles parcelles constituent ainsi pour les exploitants des surfaces supplémentaires et complémentaires, aménagées pour le confort de leur activité. L’action pastorale permet un entretien durable de ces milieux, qui abritent 30 % des espèces protégées en France !