Milieux naturels auvergnats

Les milieux naturels préservés par le CEN Auvergne

L’Auvergne abrite une nature riche et diversifiée : si les volcans tiennent régulièrement le haut de l’affiche, notre région recèle de bien d’autres trésors. Rapide tour d’horizon des milieux naturels que nous préservons !

Les sommets de montagne

L’étage subalpin commence au-dessus de la limite des forêts (vers 1400 – 1500 mètres d’altitude). Présent surtout dans les Monts Dore et le Massif du Cantal, cet étage existe aussi sur le Forez et le Mézenc. Il comprend des milieux très diversifiés suivant la nature du sol et l’exposition.

Les landes, pelouses, rochers y abritent tout un cortège de fleurs dont beaucoup ne se retrouvent que dans les Alpes ou les Pyrénées. Certaines ne vivent que sur ces sommets, comme la Jasione d’Auvergne aux petites fleurs bleues en boule.

Le Mouflon, le Chamois et la Marmotte y ont été réintroduits.

Mais l’étendue de ces zones dites « subalpines » est très restreinte en Auvergne. Elles sont durement affectées par le développement des sports d’hiver et la fréquentation touristique importante suscitée par ces paysages grandioses.

Estives des Hautes-Chaumes
Tourbière de Crespy Greloux
Tourbière du cimetière enragé

Les tourbières

Les tourbières (localement appelées « Sagnes » ou « Narces » en Auvergne) ont toujours fasciné les humains. Elles constituaient autrefois des zones redoutées, à l’origine de nombreuses légendes. Plus récemment, elles ont été exploitées pour la production de tourbe (utilisée comme combustible, terreau…). Aujourd’hui, elles sont protégées pour leur intérêt écologique, paysager et la protection de la ressource en eau.

La présence et l’accumulation de tourbe caractérise les tourbières. Considérée comme une roche, la tourbe est constituée des restes des végétaux morts qui ne peuvent se décomposer au regard des conditions de sol (saturation en eau, climat froid, acidité…). Les couches de tourbe peuvent atteindre plusieurs mètres d’épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an (soit de 2 à 10 cm par siècle !), Les tourbières constituent donc des milieux naturels dont la formation est très lente, rendant quasi irrémédiable à l’échelle humaine toute destruction.

Fragiles et menacées, les tourbières auvergnates présentent une grande diversité de milieux et d’espèces végétales et animales. Plusieurs espèces reliques ou emblématiques de ces zones humides sont présentes en Auvergne : Ligulaire de Sibérie, Saule des Lapons, Droseras chez les plantes ; Cordulie arctique, Agrion à lunules chez les libellules…

Les lacs, mares et marais

L’Auvergne n’est pas concernée par de grandes zones humides. Par contre, elle possède sur certains plateaux de moyenne montagne de célèbres lacs naturels, issus généralement de l’activité volcanique et/ou de l’activité d’anciens glaciers (lac Chambon, du Guéry, Aydat, Montcineyre ou encore Bourdouze…) Les plus célèbres sont des lacs situés dans des cratères de volcans (appelés « maars »), comme le lac Pavin ou le Gour de Tazenat.

Les lacs de chaux

Ici, l’appellation ” lac “peut être trompeuse !  En effet, les lacs de chaux désignent des petites zones humides temporaires (expliquant le terme lac), situées sur des « chaux », c’est-à-dire des plateaux basaltiques situés entre 500 et 900 mètres d’altitude dans la région d’Issoire et de Brioude (Lacs d’Espalem, Lac d’Issoire…). Ces formations naturelles sont uniques en France, car liées au substrat volcanique auvergnat.

Les mares et les marais

Certaines régions naturelles (Livradois, Combrailles, Planèze de St-Flour, plaine des Varennes, bourbonnais) sont concernées par des réseaux importants de mares ayant généralement une utilité récente ou ancienne (réserve, abreuvoir, lavoir, pièce à rouir le chanvre…).

Citons aussi les étangs, généralement construits par la main de l’homme au Moyen âge pour la pêche et l’alimentation de moulins du Livradois (étangs de Marchaud, de Riols, de Fargette…), des Combrailles (Etangs de la Ramade, de Tyx, de Pulvérières…) , de la plaine des Varennes, de la Sologne bourbonnaise.

Ces zones humides tendent à disparaître ou à se dégrader (asséchement, abandon…). Pourtant, elles sont le refuge d’une faune et d’une flore même sur les plus petites mares, permettant notamment la reproduction des libellules et des amphibiens.

Lac de chaux à Lorlanges
Marais du Cassan et de Prentegarde, Cantal
Chavanon, espace naturel

Les zones alluviales

Après leur naissance dans les hautes terres, les cours d’eau entrent en plaine et créent des milieux naturels spécifiques. Ce sont les zones alluviales. Ces cours d’eau sont accompagnés de mosaïque de milieux naturels périodiquement inondés. Quand la rivière a encore la liberté de déplacer son lit au gré de l’érosion et des crues, la zone alluviale abrite toute une diversité de milieux en perpétuel renouvellement. Cela va de la plage de galets jusqu’aux rives boisées plus ou moins larges (forêts alluviales). Plus de 200 espèces d’oiseaux nichent, hivernent ou font escale au cours de leur migration dans les zones alluviales de la région Auvergne. Le Castor, absent depuis des siècles, y est de retour depuis peu. La Loutre, longtemps chassée et piégée, y retrouve petit à petit son territoire originel. Les plaines alluviales sont menacées par l’extension des cultures irriguées (maïs), l’expansion de l’urbanisation, fixant les berges qui figent la rivière.

Les coteaux et plateaux secs

C’est un aspect inattendu de l’Auvergne que la présence d’enclaves quasi-méridionales, particulièrement dans les bassins sédimentaires où les climats d’abri les favorisent. Cette végétation rase ou parfois inexistante se développe sur des sols calcaires, volcaniques ou granitiques. Elle est appelée « pelouse sèche ». Un cortège d’insectes rares leur est lié. On peut y entendre en été le Hibou petit-duc venu du midi, le Bruant ortolan, l’Engoulevent, la Pie grièche écorcheur…Sur les sols calcaires et volcaniques, cette végétation héberge de nombreuses plantes à consonance méditerranéenne (Chèvrefeuille d’Etrurie, Hélianthème des Apennins, Astragale de Montpellier et diverses orchidées) formant des ensembles très colorés au printemps. On y découvre des plantes rares, comme la Gagée de Bohème, l’Aster amelle, l’Epilobe à feuilles de Romarin, la Trigonelle de Montpellier ou de nombreuses orchidées protégées.

Puy de Pileyre
Sources salées Sainte Marguerite (A. Julhien)

Sources et prés salés

Les sources salées d’Auvergne sont un élément très original du patrimoine naturel auvergnat, intimement lié à l’histoire géologique de la région. Estimées à plus de 500, seules certaines d’entre-elles localisées principalement en Limagne et dans le pays des Couzes abritent une flore maritime aussi dénommée « halophile » (halos : le sel, phile : qui aime).

Autour d’elles, sur de petites surfaces, ces terrains salés hébergent des plantes habituellement réservées aux milieux littoraux, comme le Plantain maritime, le Glaux maritime ou le Pissenlit de Bessarabie (seules stations françaises en Auvergne).

Ce sont des milieux classés d’intérêt communautaire par l’Union Européenne. Mais ils sont très fragiles, leurs superficies pouvant n’être que de quelques dizaines de mètres carrés pour certaines. Elles sont à la merci d’un aménagement même ponctuel ou de leur abandon au milieu des buissons.