Nature ordinaire

La nature ordinaire

Depuis notre création, nous travaillons surtout sur des espaces emblématiques et des espèces protégées. Depuis les années 2010, nous mettons nos connaissances et compétences à disposition des politiques publiques et des acteurs territoriaux pour mieux prendre en compte la nature dans les aménagements et dans l’espace urbain. Ce sont notamment les démarches de « trame verte et bleue » , « corridor écologique », « services écosystémiques » ou plus récemment « one health* / une seule santé ». Elles amènent à réfléchir et à s’occuper de la nature autrement que dans les sites phares et pour les espèces menacées. Ces démarches s’attaches à travailler également sur le déplacement des espèces, pour l’ensemble du vivant autre qu’humain et en s’appuyant sur les solutions fondées sur la nature dans les aménagements humains.

* One Health, « une seule santé ». Ce concept, initié au début des années 2000, fait suite à la recrudescence et à l’émergence de maladies infectieuses, en raison notamment de la mondialisation des échanges. Il repose sur un principe simple, selon lequel la protection de la santé de l’Homme passe par celle de l’animal et de leurs interactions avec l’environnement.

Une définition de la nature ordinaire ?

La « nature ordinaire » peut couvrir tous les termes « nature du quotidien », « nature en ville », et intègre les jardins, les milieux urbains et les milieux anthropisés. On la trouve également en milieu rural. Elle est finalement définie « en creux », c’est-à-dire ce sur quoi on ne travaille pas initialement, où il n’y a pas d’espèces ni d’habitats protégés, pas d’enjeux fonctionnels. C’est la nature qu’on voit beaucoup sans y faire attention. C’est aussi des secteurs où l’action de l’humain est plus prégnante.

La « nature ordinaire » est une construction purement intellectuelle, car il n’y a finalement qu’une nature, regroupant le vivant humain et le vivant autre qu’humain. Le fait de prendre du recul par rapport aux dimensions purement patrimoniales de la nature nous pousse à nous questionner sur notre relation au Vivant.

Protéger une zone humide (en foncé sur la photo), c’est travailler sur ses abords et son bassin versant pour s’assurer d’une bonne qualité d’eau d’alimentation et de préservation des sols, en prenant en compte la gestion périphérique et protéger ainsi également la nature plus ordinaire périphérique.

Pourquoi travailler sur cette thématique?

Cette nature ordinaire est souvent la zone ou la bande paysagère  qui va relier deux sites à plus forte biodiversité et permettre aux espèces de se déplacer. Elle a donc aussi un rôle primordial dans l’adaptation au changement climatique (migration des espèces vers de nouvelles zones d’accueil). C’est un « support » pour sensibiliser de nouveaux acteurs et de nouvelles personnes pour les faire agir grâce à une nature plus accessible. Elle est le support d’actions pour les citoyens autour de chez eux.

Agir sur cette nature, la valoriser, peut aussi permettre de diluer la pression de fréquentation des espaces naturels moins ordinaires et plus sensible. Travailler sur la nature ordinaire, c’est souvent échanger avec des acteurs humains très variés (agriculteur, entreprises, jardiniers, aménageurs, élus…) et nous faire utiliser de nouvelle approche et méthode plus inclusive, de sortir de la zone de confort des naturalistes pour faire appel à d’autres compétences et approches pédagogiques (sensible, artistique, etc.).

Nos interventions en nature ordinaire

Semences locales (C. Chouzet)

Nous intervenons surtout sur cette nature dans les zones d’influence des sites de notre réseau (zones tampons autour des sites gérés), qui ont un lien avec le bon état de ces milieux remarquables. 

Une des plus-value réside dans les expérimentations que nous menons sur nos sites, pour la mise à disposition de techniques ou argumentaires pour la gestion différenciée des espaces verts : fauches tardives, semences locales, …Cette transmission de nos connaissances et techniques est importante pour étendre et démultiplier les actions en faveur de la biodiversité.

Nous apportons également des conseils pour l’aménagement et pratiques agro-pastorales qui prennent en compte la biodiversité ordinaire. Ainsi, nous mettons nos compétences et connaissance pour accompagner des réseaux de paysans engagés : paysan de nature, GIEE, etc. avec pour objectif de mieux prendre en compte la biodiversité et milieux naturels dans l’exploitation.
Ponctuellement, nous proposons des actions de gestion différenciée pour favoriser la biodiversité dans des espaces verts d’entreprise et des parcs urbains. Cela peut être fait également à l’échelle de quartier pour les habitants échangent et changent leurs pratiques dans leur jardin pour accueillir la faune et la flore et permettre les déplacements entre jardin.

Des résultats de conseil sur la gestion différenciée (ici : nombre de tonte réduite) au Parc Montjuzet : plus de fleurs et d’orchidées, donc plus d’insectes et plus d’oiseaux !