Milieux thermophiles

La face cachée du château d'eau de la France

Les milieux thermophiles sont déterminés par un contexte chaud et sec. Ils sont favorisés par le climat général (climat méditerranéen, d’abri intra-montagnard, climat doux des bassins sédimentaires) et par les conditions locales (fortes pentes sur sols squelettiques exposées au sud). Moins le climat général leur est favorable et plus les milieux thermophiles se réfugient sur les pentes fortes exposées au sud. Inversement, si le climat général leur est favorable,la moindre pente ne retenant pas l’eau favorise leur présence. On les trouve donc à toutes les altitudes, sur tous les types de roches (y compris en montagne). La présence d’arbres tamponne les conditions d’humidité et d’ensoleillement local. Les milieux thermophiles sont donc plus facilement des zones rocheuses, des pelouses, des landes, des fourrés.

Carte des milieux thermpohiles en Auvergne-Rhône-Alpes

Un pari sur l’avenir : l’adaptation au changement climatique

Certains modèles climatiques nous prédisent qu’en 2100, Clermont-Ferrand aura le climat de Montpellier (projection issue du site Drias-climat.fr). Dans ce contexte, les milieux thermophiles ont deux intérêts principaux

  • Être la source des espèces qui peupleront l’Auvergne de demain,
  • Accueillir les espèces provenant de Méditerranée et qui remontent vers le nord.

Les milieux thermophiles ont donc un rôle majeur dans l’adaptation aux changements climatiques.

Nos actions sur les coteaux thermophiles

Et demain, la place des coteaux secs ?

Nous explorons différentes pistes actions autour des milieux thermophiles :

Le pâturage avec un berger itinérant

La création d’un troupeau itinérant gardé par un berger et déplacé sur plusieurs sites est actuellement une piste de travail pour augmenter le pastoralisme des secteurs isolés.
Outre les gestionnaires de la Chaîne des puys qui font déjà appel à ce système, les coteaux  thermophiles de Limagne et les francs bords du val d’Allier (projet Pasto’Loire) pourraient aussi en bénéficier. Ce type de système nécessite un appui financier dela collectivité.

Banc en Robinier faux-acacia

La valorisation du Robinier

Le Robinier faux-acacia est considéré à la fois comme une espèce invasive et comme un bois utile naturellement résistant en extérieur (classe 4, sans traitement). Une meilleure utilisation des produits de coupes de cet arbre doit être recherchée (bancs, piquets, marches, etc.) dans une approche d’économie circulaire.

La récolte de graines sauvages pour végétaliser des zones de travaux

Une filière labellisée « Végétal local du Massif central » se met en place pour pouvoir fournir des semences de plantes sauvages adaptées à la restauration de zones de travaux. Cette démarche nationale se traduit notamment par l’acquisition avec l’aide de la Région Auvergne-Rhône-Alpes de matériel spécifique de récolte et de nouveaux itinéraires techniques de tri, séchage, semis, distribution. Des essais ont été réalisés en 2022 sur le coteau de Gergovie.

Récolte de semences locales

La libre évolution de la végétation

Le changement climatique oblige à mieux prendre en compte les deux dimensions de temps et d’espace dans la gestion des sites. La préservation d’espèces patrimoniales doit progressivement laisser plus de place à la libre évolution des milieux. Cette option de gestion par non-intervention laisse la capacité aux espèces de s’adapter aux changements et favorise le retour des forêts thermophiles, futurs îlots de fraîcheur. C’est un juste équilibre entre gestion et libre évolution qui doit s’opérer pour favoriser la résilience des milieux naturels !