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De la Dolore à la Bretagne : des mulettes en voyage pour le maintien des populations

Publié le 21/11/2025

Cet automne, nous avons organisé la première récolte de larves de Mulettes perlières, appelées glochidies, pour les envoyer en élevage en Bretagne et revenir dans quelques années repeupler la Dolore, leur rivière d’origine. Retour sur une expérience innovante !

Marquage des mulettes

Une opération en plusieurs étapes

Début septembre, plusieurs collègues malacologues, éclairés ou amateurs, de toute la France, se sont retrouvés pour une première tentative de récolte de glochidies dans un canal de la Dolore. Ce fut l’occasion pour les bénévoles du jour d’observer des larves, mais des larves non mâtures. Car oui, il existe cinq stades de maturité, et seules les candidates du stade 5 étaient éligibles au voyage breton. Qu’à cela ne tienne, nos joyeux scientifiques sont optimistes et voient le verre à moitié plein : cela reste une bonne nouvelle, car cela veut dire que l’espèce se reproduit encore sur le site et dans cette rivière ! Quelques jours plus tard, une deuxième tentative est organisée, car non contents d’être optimistes, nos collègues sont persévérants. Bien leur en a pris, puisque cette fois-ci, des glochidies au stade 5 ont pu être récoltées ! Et pas qu’un peu, puisqu’on parle de plus de 600 000 larves.

Glochidies au stade 5

Cap vers la Bretagne

Tout ce petit monde (les glochidies, pas nos collègues) a alors entrepris un grand voyage vers la Bretagne, plus précisément vers la station nationale d’élevage des mulettes perlières en Bretagne, près de Brest, tout simplement grâce aux services de La Poste. Environ 600 000 glochidies sont ainsi arrivées vivantes en Bretagne où elles ont été mises en contact avec des truites farios pour s’implanter au niveau des branchies et grandir pendant environ six mois. (Que celles et ceux qui ne connaissent pas le cycle de vie des moules et mulettes perlières ne soient pas choqués : c’est le même fonctionnement en milieu sauvage ! Les larves “squattent” les branchies des truites pour atteindre une certaine taille et retombent dans les sédiments au bout de quelques mois pour poursuivre leur croissance). Les larves seront ensuite récupérées et installées dans des auges d’élevage, une sorte de mini-rivière avec fond de sable où elles grandiront pendant quelques années. Elles feront ensuite le trajet inverse pour revenir peupler la population de la Dolore, en panne de recrutement d’adultes depuis des années…

Cette première régionale se déroule dans le cadre du Plan national d’action Moules perlières, que nous animons depuis 2023.

Glochidies sur branchies : mission accomplie (crédit photo FDPPMA29)