Mystérieuses tourbières

Nous intervenons de manière importante pour la préservation des tourbières sur les principaux massifs de moyenne montagne du territoire (Forez, Livradois, Cézallier, Artense, Aubrac, Mézenc). Notre but est de les protéger par l’acquisition de site ou la signature de convention de gestion. Sur les tourbières dégradées, nous entreprenons des travaux pour restaurer le fonctionnement hydrologique. Il s’agit le plus souvent de travaux portant sur la suppression de remblais, le bouchage de drains ou fossés asséchant les tourbières, et la suppression des résineux parfois plantés de manière intempestive.

Des milieux rares et menacés

Les tourbières sont des milieux très spécifiques, qui nécessitent des conditions très particulières pour se créer. La tourbe est constituée des restes des végétaux morts qui ne peuvent se décomposer au regard des conditions de sol (saturation en eau, climat froid, acidité…). Les couches de tourbe peuvent atteindre plusieurs mètres d’épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an (soit de 2 à 10 cm par siècle !), Les tourbières constituent donc des milieux naturels dont la formation est très lente, rendant quasi irrémédiable à l’échelle humaine toute destruction.

C’est pourquoi c’est un milieu fragile et menacée ! En Auvergne, les tourbières présentent une grande diversité de milieux et d’espèces végétales et animales. Plusieurs espèces reliques ou emblématiques de ces zones humides sont présentes en Auvergne : Ligulaire de Sibérie, Saule des Lapons, Droseras chez les plantes ; Cordulie arctique, Agrion à lunules chez les libellules…

Les tourbières et le grand cycle de l'eau​

Avec les zones humides qui les accompagnent, elles sont d’un grand intérêt fonctionnel. En effet, les tourbières jouent un rôle de réservoir hydrique, stockant l’eau durant les pluies et la relarguant pour partie en période sèche. En lien avec les zones de sources, les petites zones humides para-tourbeuses et les ensembles de prairies humides, elles sont ainsi à l’origine de nombreux cours d’eau comme la Dore, l’Ance, la Besbre, la Dordogne, la Morge, la Sioule, la Cère, l’Alagnon, la Sénouire…

Par ailleurs, de nombreuses tourbières font l’objet d’un usage pastoral, constituant avec les prairies humides des zones toujours vertes même lors des épisodes de sécheresse.

Les tourbières et le cycle du carbone

Les tourbières constituent une source importante de stockage de carbone atmosphérique, pouvant aller jusqu’à 1 400 T/ha (dépassant de très loin les autres milieux natures – forêts, prairies naturelles…). A l’échelle mondiale, les tourbières représentent 3 % des terres émergées et stockent 33 % du carbone des sols !

 

Sur ces 2 dernières thématiques, eau et carbone, nous vous invitons à consulter les deux infographies ci-dessous publiées par le Pôle relais tourbières animé par la fédération des CEN.

lac et tourbière de Bourdouze

Le saviez-vous ?

Les tourbières (localement appelées « sagnes » ou « narces » en Auvergne) ont toujours fasciné les humains. Elles constituaient autrefois des zones redoutées, à l’origine de nombreuses légendes. Plus récemment, elles ont été exploitées pour la production de tourbe (utilisée comme combustible, terreau…). Aujourd’hui, elles sont protégées pour leur intérêt écologique, paysager et la protection de la ressource en eau.